Dragon Quest I & II

Dragon Quest 1 & 2 : écran titre

Editeur :

Enix

Développeur :

Chunsoft

Genre :

RPG

Date de sortie :

18 décembre 1993

Le 27 mai 1986 Enix sorti sur Famicom mais également sur MSX Dragon Quest, le tout 1 er RPG du genre tel que nous le connaissons aujourd’hui sur console. Il faut dire qu’au départ, Enix voulait absolument créer un jeu au même concept qu’Ultima (jeu de rôle sur PC qui faisait fureur à l’époque en occident) mais en moins complexe et en le simplifiant pour le public japonais. Pour cela la firme a fait appelle à 3 grands noms, tous maîtres dans leur domaine pour faire cet unique soft : Akira Toriyama (Dragon Ball, Chrono Trigger,…) pour le character design, Koichi Sugiyama pour la composition musicale et Yuji Horii pour le scénario. Dès sa sortie, le jeu rencontra un succès fulgurant se vendant à plus de 1 500 000 exemplaires. Bien entendu après cet énorme succès, Enix s’empressa de mettre en chantier une suite à moins d’une année à peine pour nous pondre Dragon Quest 2. Si cela n’est pas particulièrement flagrant de prime abord ce second opus proposait des graphismes améliorés et peaufinés par rapport à son aîné, notamment l’apparence des châteaux et des villes sur la carte du monde.
Et puis quelques années plus tard, en 1993, Enix ressorti sur Super Famicom un remake des 2 premiers épisodes. Après une excellente adaptation de Dragon Quest 5 mais aussi très controversée de part sa réalisation graphique plutôt moyenne sur console 16 bits, on ne pouvait que s’attendre à une nette amélioration de la part d’Enix dans ce domaine mais est-ce que ça a été le cas ? Et bien voyons cela plus en détail…

Dragon Quest 1 & 2
La tombe de votre ancêtre Roto
Dragon Quest 1 & 2
Peu de villes sont à visitées dans DQ1

 

Dragon Quest 1 & 2 Dragon Quest I Dragon Quest 1 & 2

Pour ce 1 er volet, Dragon Quest n’a été que légèrement retouché par rapport à la version Famicom avec juste quelques innovations en plus, mais graphiquement le jeu ne paye pas de mine. Il a certes subi un petit lifting graphique mais la palette de couleurs est très faible et on voit que tout ça manque de réalisme dans les décors. En revanche, le character design des monstres est toujours aussi réussi et est accompagné en plus de cela d’un petit fond d’écran assez sympathique lors des combats. En ce qui concerne les musiques, elles n’ont pas failli à leur réputation. Toujours aussi mélodieuses et correspondant à merveille avec l’action du jeu, par contre elles sont peu nombreuses et peuvent parfois être trop répétitives à la longue. L’animation et les bruitages sont quant à eux les plus gros défauts de ce remake, le perso que vous dirigez n’est animé qu’en 2 étapes (uniquement pendant vos déplacements), les monstres ne bougent pas d’un pixel et restent plantés là jusqu’à ce que vous les battiez lors des phases de combats. Niveau sonore, alors là on touche le fond mais bon je n’en dirai pas plus car mon opinion sur ce critère est le même que j’avais signalé dans mes 3 autres tests de DQ c’est-à-dire médiocre ! D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi Enix s’est entêté à vouloir les conserver pour chacun des épisodes au lieu de les améliorer. Enfin bon, on pourra toujours dire que ces bruitages sont un peu le patrimoine de cette série et que c’est ce qui fait son charme.

Dragon Quest 1 & 2
Vous ne combattrez qu’un monstre par combat
Dragon Quest 1 & 2
Le roi vous donne ses instructions au départ

 

L’histoire du jeu se passe juste après les événements de Dragon Quest 3. En effet, il faut d’abord que vous sachiez que le scénario du 3 ème volet n’était en fait que le commencement d’une trilogie scénaristique qui s’était déroulée bien avant ceux de DQ I-II et donc ce remake en est la suite dont voici ce qu’elle raconte...

Il y a très longtemps, un royaume nommé Alefgard vivait paisiblement jusqu’à ce que des monstres et autres démons en tout genre viennent saccager et massacrer la population. Le royaume plongea à cet instant dans les affres lugubres des ténèbres pendant plusieurs années. Mais un jour, un guerrier répondant au nom de Roto (héros légendaire de DQ3) apparu et repoussa le mal grâce à la divine boule de lumière. Une fois tous les ennemis vaincus, il donna cette sphère lumineuse au roi Lorik qui unifia Alefgard. Roto se retira et plus personne ne le revit. Le pays entra alors dans une ère de paix pendant plusieurs siècles. Mais un jour, un homme rongé par la haine de cette tournure des événements parti se reclure très loin dans une grotte et un jour en l’explorant profondément, il trouva un dragon endormi. Pétrifié au départ, l’homme compris que le Dragon ne lui ferait aucun mal et qu’il serait à ses ordres. C’est à partir de cet instant qu’il se surnomma Dragonlord. Quelques années après, le royaume d’Alefgard fut attaqué à nouveau par une horde de monstre et d’autres régions furent aussi attaquées par la suite. En plus de cela, Dragonlord vola la boule de lumière qui se trouvait au château de Tantegel et les ténèbres refirent surface. Mais une prédiction annonçait qu’un jour prochain un descendant du héros légendaire Roto arriverait pour combattre Dragonlord et récupérer la boule de lumière pour réinstaurer à nouveau la paix dans le royaume… Et comme par miracle, ce jour arriva. Dès que vous commencez le jeu, vous êtes au château de Tantegel devant la salle du trône du roi Lorik XVI qui vous demande de battre Dragonlord et de récupérer la boule de lumière. Mais comme un problème ne vient jamais seul, vous devrez aussi sauver la princesse Lora qui a été justement enlevée par Dragonlord... Lourde tâche mais voilà en quoi se résume en gros le déroulement du scénario.

Dragon Quest 1 & 2
La durée de vie du jeu n’est pas très longue
Dragon Quest 1 & 2
Les combats sont trop fréquents sur la carte

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce Dragon Quest ne bénéficie pas d’une très grande durée de vie. Pour vous donner une idée approximative, il faut compter un peu plus d’une quinzaine d’heures avant d’en voir le bout. C’est peu et personnellement j’espérais que ce remake comporte ne serait-ce que quelques donjons en plus histoire de rallonger un peu sa durée de vie mais il n’en est rien. Toutefois, ce volet a quand même bénéficié de petites innovations par rapport à l’original. Déjà 1 ère chose, c’est que quelques objets sont désormais cachés un peu partout dans des pots, armoires,… que vous rencontrerez en ville. On notera aussi la présence des graines de stats (elles ne sont apparues qu’à partir de DQ4) qui, comme son nom l’indique, améliorent le statut de votre perso en HP, MP, DEF,… Aussi la gestion de vos options a enfin été simplifiée, vous ne serez plus obligé à chaque fois de choisir une fonction quelconque pour déclencher une action comme par exemple ouvrir une porte, parler à quelqu’un,… Il vous suffira juste d’appuyer sur X et le tour est joué !

En ce qui concerne le système de combat et bien c’est facile, on ne peut pas faire plus simple. Vous combattez vos ennemis en vue subjective tout en sélectionnant l’action que vous désirez vouloir reproduire (attaque, magie,…) et comme vous n’aurez pas de compagnons tout au long de votre aventure et bien vous n’aurez à chaque fois qu’un seul adversaire à combattre (ça facilite hein!? ^^’). Et, en plus, après chaque combat vous recevrez beaucoup plus d’argent que dans la version originale et ce malgré que les monstres soient plus coriaces qu’avant, vous obtiendrez plus d’expériences également. Par contre gros point noir, c’est que 80% du jeu est consacré aux combats. Inutile de vous dire qu’on peut s’en lasser rapidement et qu’il faut être motivé pour voir la fin. De plus, lorsque vous en avez marre et que vous voulez conclure par une petite sauvegarde, vous êtes OBLIGE de retourner au château de Tantegel et parler au roi pour pouvoir sauvegarder… Ce qui n’est pas très pratique faut bien l’admettre. Au final, je dirais que Dragon Quest 1 est plutôt un remake moyen car mis à part ses graphismes relookés et ses petites innovations qui se comptent sur les 5 doigts d’une main ce jeu ne propose rien de neuf mais, même si il est très limité en terme de gameplay, il a cette petite qualité pour laquelle on y revient souvent et cela grâce, notamment, aux travaux fournis par Toriyama, Sugiyama et Horii pour ce qui est de son ambiance dantesque.

 

Dragon Quest 1 & 2 Dragon Quest II Dragon Quest 1 & 2

Après la défaite de Dragonlord, le calme était à nouveau réinstauré au royaume d’Alefgard et le descendant de Roto ramena la boule de lumière au roi Lorik XVI ainsi que sa fille Lora. Cette dernière tomba éperdument amoureux du héros. Ensemble, ils s’installèrent sur une terre inconnue et fondèrent leur royaume, Torland. Ils vécurent heureux et eurent 3 enfants. Au prince aîné, ils léguèrent le pays de Midenhall, au second prince le pays de Cannock et enfin à la jeune princesse le pays de Moonbrooke. Les peuples de ces royaumes connurent de longues années de paix et d’harmonie. Mais il faut croire que rien n’est jamais acquis et que rien n’est immuable. C’est ainsi que 100 ans plus tard, le château de Moonbrooke fut attaqué par une armée de monstres envoyée par Hargon, dit le sorcier, qui n’a comme seul but que de mettre le monde à feu et à sang. Devant la soudaineté de l’assaut, les pertes sont épouvantables du côté de Moonbrooke. Ainsi, vous assistez à la mort du roi, assassiné en tentant de protéger sa fille. Pourtant, un soldat en réchappe et bien qu’il soit très sérieusement blessé, entreprend de rallier le château de Midenhall pour avertir de ce qui s’est passé. Il y arrive mais meurt en délivrant son message. Une fois que le roi apprit la terrible nouvelle, il demande à son fils (descendant du héros légendaire) de combattre et de vaincre le mal. Mais avant de vous laisser partir, votre père vous conseille de vous allier avec votre cousin, le prince de Cannock, mais aussi avec votre cousine la princesse de Moonbrooke qui a réussi à échapper aux attaques surprises des monstres. Malgré un scénario de départ un peu banal, les événements qui se déroulent tout au long du jeu sont bien plus prenants qu’avant.

Dragon Quest 1 & 2
L’intro de Dragon Quest 2
Dragon Quest 1 & 2
Les ennemis sont plusieurs désormais
Dragon Quest 1 & 2
2 persos se joindront à vous durant votre quête

Ce 2 ème remix ne comporte pas de grands changements par rapport à Dragon Quest 1, en tous cas pour ce qui est de son aspect technique. Car les graphismes sont les mêmes, idem pour l’animation qui reste toujours aussi lente et en ce qui concerne les musiques et bien y’a pas grand chose à dire non plus si ce n’est qu’elles sont plus variées. En revanche, l’interface du jeu a bénéficié d’un énorme progrès de la part d’Enix. Tout d’abord, il est maintenant possible de contrôler 3 personnages en cours de jeu, ce qui a pour conséquence d’être plus attrayant car chacun d’eux possède ses propres techniques de combats. Le prince de Midenhall est un excellent combattant robuste mais n’a pas la possibilité d’utiliser de sorts de magies, la princesse de Moonbrooke est, quant à elle, une excellente magicienne en sorts de soins et d’attaques mais faible en défense, et le petit prince de Cannock se positionne entre les 2 avec des attaques moyennes et des sorts utiles. Le système de combat n’a pas changé mais permet cette fois-ci de combattre plusieurs ennemis à la fois, ce qui a pour intérêt de donner plus de dynamisme même si cela n’est pas une grande révolution à l’heure actuelle. Bien entendu, les personnages accumulent de l’expérience au fil des combats mais ce que vous devez savoir c’est que vos levels sont limités pour chaque persos. En effet, si le héros peut atteindre un niveau maximum de 50, les 2 autres n’auront pas cette chance et n’atteindront que 35 (pour la princesse) et 45 (pour le petit prince)… Ce que je trouve regrettable mais bon il ne faut pas faire la fine bouche. Il y a quand même une nette amélioration par rapport au 1 er épisode (où le héros ne pouvait pas aller au-delà de 30). Globalement, les combats se montrent bien plus intéressants qu’auparavant, les affrontements en groupe apporte une bonne dose stratégique non négligeable qui vous permettra en plus de vous familiariser avec les options pendant les combats qui demandent un petit temps d’adaptation si vous n’avez jamais essayé un Draque de votre vie.

Dragon Quest 2 est bien plus long que son prédécesseur, le jeu possède maintenant une durée de vie enfin raisonnable pour un RPG (environ 35 heures pour le finir). Le monde est plus vaste et vous pourrez utiliser, dans cet épisode, un bateau comme moyen de transport pour vous déplacer sur d’autres continents durant votre quête (ce qui n’était pas le cas dans DQ1). Ce remake comporte également beaucoup plus de magasins que sur la version Famicom, ce qui vous évitera de faire de longs chemins pour acheter ce que vous voulez avoir dans vos items.

Dragon Quest 1 & 2
Le bateau peut vous permettre d’aller à ce village
Dragon Quest 1 & 2
Le roi va sacrifier sa vie pour sauver sa fille
Dragon Quest 1 & 2
Les slimes sont très connus dans la série

 

Mis à part sa durée de vie et ses innovations, vous devrez souvent refaire de fastidieuses séances de level up car les combats sont difficiles et assez fréquents sur la carte du monde. En fait, il s’agit avant tout d’avoir un niveau plus élevé que celui des monstres pour éviter toute mort prématurée à l’arrivée de chaque nouvelle zone ou nouveau donjon. Ce qui peut agacer bon nombre de joueurs car en plus le jeu n’est pas linéaire et sans aucune notion en Japonais et bien je peux vous dire que vous allez vite vous en lasser.

 

Dragon Quest I & II sur Super Famicom reste quand même un bon investissement pour votre ludothèque car même si techniquement il ne paye pas de mine, il n’en ai pas moins plaisant à faire car son ambiance très typique de la série compense tous ses petits défauts. Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de s’essayer à celui qui a donné les premières bases du RPG sur console. Le seul hic, c’est qu’il n’ai sorti qu’au Japon et que donc si vous ne captez rien au Jap, alors je ne peux que vous conseiller d’y jouer sur émulateur avec une traduction anglaise (voir en française si elle existe).

 

Le Verdict :

Présentation () : Doté d’un scénario simpliste, pour ne pas dire plat, l’histoire du 1 er épisode ne comporte guère de rebondissements tout au long du jeu. Cependant, le deuxième a quant à lui été bien meilleur mais il faut avouer que cela reste relativement moyen.

Graphisme () : Peut mieux faire ! Ce remake a peut-être bénéficié d’un relookage graphique mais n’est pas à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre d’une Super Famicom.

Animation () : Elle est réduite à sa plus simple expression… Personnage ne se déplaçant qu’en 2 étapes et des monstres non animés pendant tout le combat.

Musiques () : Les musiques sont de très bonne qualité et collent à merveille avec l’ambiance du jeu. Toutefois, il est dommage que Dragon Quest 1 ne propose pas plus de thèmes différents.

Bruitage () : On se croirait jadis au temps de cette bonne vieille Nes. C’est toujours plaisant mais bon on n’est pas sur 8 bits.

Durée de vie () : Difficile de juger car ce sont 2 épisodes qui ont une durée de vie différente. Mais sur l’ensemble des 2 jeux, compter plus ou moins une soixantaine d’heures.

Jouabilité () : Les commandes et l’interface demandent un petit temps d’apprentissage car les menus sont en jap et même si ce remake est plus simple que les 3 autres draque sur SFC, il n’en reste pas moins difficile et encore plus si vous n’avez pas de bonne base en langue japonaise.

La note () : Malgré les petites imperfections que contient ce remake, Dragon Quest I & II n’en reste pas moins un bon jeu. De part son univers onirique joliment mis en valeur et de ses musiques merveilleuses qui font qu’on plonge sans sourciller dans l’aventure. Et puis avec ce soft, on a deux jeux pour le prix d’un alors pourquoi s’en priver. ^^

Dragon Quest 1 & 2

Neo Tsubasa