Lorsque SquareSoft et Nintendo annoncent qu‘ils travaillent ensemble sur un nouveau projet, c’est tout le petit monde des nintendomaniacs qui est en effervescence. Cette cartouche énorme (32 mégas), malheureusement jamais sortie en Europe, fit l’effet d’une petite bombe. En effet, lors de sa parution au Japon, en avril 1996, elle préfigurait carrément ce que pourrait offrir la future N64 !

Car Super Mario RPG, bien qu’étant un RPG classique, multiplie les innovations. Premièrement, le jeu se déroule comme un Super Mario World, c’est à dire qu’on traverse des mondes composés de niveaux, avec parfois plusieurs routes. Mais à la différence d’un RPG ‘pur et dur’, il est très rare de revenir en arrière. Deuxièmement, aux phases de combat et d’exploration (découverte d’un nouveau lieu, conversation avec les villageois, assistance et secours aux personnes en détresse …), s’ajoutent des phases de plates-formes, à la Mario ! L’univers ensuite tranche radicalement avec l’héroic fantasy habituel ou le désormais classique voyage spatio-temporel. Rien de tout cela ici puisqu’il est question de princesse Peach à sauver (Qui a dit encore ?). Je vous rassure, comme dans tout bon RPG qui se respecte, le scénario évolue. Et même assez considérablement puisque vous pourrez rapidement jouer la princesse elle-même une fois sauvée, puis Bowser him-self ! Quant aux mondes traversés, ils sont tous issus de l’univers du plombier à moustache. Ah quelle joie de se fritter contre des Goombas et autres Koopas Troopa !!! Enfin, l’innovation majeure de Super Mario RPG réside dans sa présentation en 3D isométrique. En effet, la Snes nous prouve une nouvelle fois sa capacité à gérer certaines formes de 3D. Alors bien sûr, pour un RPG, cela change simplement l’angle de vue, et l’apport n’est pas si important. Mais en ce qui concerne les phases de plates-formes, ça change tout ! En réalité, cette pseudo-3D est héritée du modèle de Donkey Kong Country. C’est à dire que tous les persos et les décors sont modélisés en 3D, mais la vue est fixe (de trois quarts).

             

 

Au niveau technique, nous approchons donc des capacités limites de la Snes. Les graphismes sont superbes, très colorés (normal pour un Mario !), l’animation est sans faille et le rendu sonore impeccable. Cependant, au niveau de ces musiques, je dois bien avouer qu’elles sont parfois tellement ‘à la Mario’ que ca en devient vite saoulant et c’est très regrettable pour un RPG. Nous touchons là à mon avis le point faible de Super Mario RPG : en développant un RPG avec Mario, les créateurs du jeu ont été obligés de respecter un certain nombre de contraintes, ce qui les a empêché de concevoir un soft capable de rivaliser avec les tous meilleurs du genre. Les personnages sont assez ‘épais’ avec un aspect bonhomme, les graphismes sont plutôt naïfs et les ziks édulcorées. Pas de doute, Super Mario RPG s’adresse avant tout aux plus jeunes d’entre nous. Ce qui ne veut pas dire que le challenge proposé ne soit pas à la hauteur, bien au contraire ! On peut même affirmer que dans cette catégorie, Super Mario RPG est très certainement le plus abouti et ravira les fans, enfants comme les inconditionnels du plombier à la salopette rouge. Les clins d’œil à l’univers de Mario sont incessants (Mario est connu dans le jeu comme le héros de jeu vidéo qu’il est, etc …) et le plaisir de jeu est bel et bien présent. Quant à la durée de vie, elle équivaut tout simplement celle des RPG plus adultes. Bref, c’est du tout bon !

                

 

Le jeu en lui-même est d’une extraordinaire variété. D’une part, il a toutes les caractéristiques d’un véritable RPG : à chaque niveau sup, il est possible de se spécialiser dans une compétence (sur un fond de Yoshi’s Island !). Chaque personnage possède une limite en rapport avec son arme. Les personnages obéissent au système de classes : Bowser est plutôt un guerrier, Mallow un magicien, Peach une guérisseuse, etc… Mais d’autre part, l’enrobage fait très plates-formes avec des mini-jeux par pelletées ! C’est ainsi qu’il est possible de participer à une course sur un tonneau, un petit jeu musical où il faut reconstituer une partition, un concours de capture d’insectes, sans oublier le fameux niveau de la mine tout en mode 7 ! De plus, tout, absolument tout est issu de l’univers de Super Mario. Les ennemis bien sûr, mais aussi les armes, les objets etc… Mario est par exemple le roi du saut, il se bat avec ses gants ou des carapaces de tortues, est capable de lancer des boules de feu, et regagne de la vie en mangeant des champignons ! Yoshi est lui aussi de la partie, dans un monde à part (pas vraiment caché). Enfin, les situations sont très variées, puisqu’il est question d’aide à des villageois, de combat contre les power rangers (eh oui !), de forêt labyrinthique ou bien encore de faire pousser des haricots magiques pour monter dans les nuages ! Bref, cette foule d’activités casse complètement la monotonie, d’autant plus qu’il existe de nombreuses quêtes annexes (comme un boss tout droit venu de final fantasy 1, un dojo, une séquence de troc, un casino très bien planqué etc etc …). Pour terminer, il me reste un détail assez important à préciser : le jeu tout entier est régi par la bonne humeur. Que ce soit au niveau des dialogues, bourrés de jeux de mots et souvent très drôles, ou bien au niveau des mimiques que Mario emploie pour se faire comprendre et raconter son histoire (et qui nous épargnent de fastidieuses scènes de dialogues), le maître mot demeure toujours l’humour (voire l’autodérision !).

            

 

 

Le verdict :

 

Présentation :  Une belle scène d’Intro et tout un univers de jeu en 3D. Rien à redire !

Graphismes :  Tout simplement superbes, modélisés en 3D, très colorés, mais aussi un peu grossiers (par rapport à la finesse habituelle des jeux Square).

Animation :  Les phases de plates-formes sont à la hauteur de n’importe quel Super Mario. C’est tout dire !

Musique :  Des musiques tout à fait dans le ton, peut-être même un peu trop puisqu’elles sont très enfantines. Il s’agit du principal reproche que je pourrais formuler à propos de ce jeu.

Durée de vie : Assez court à traverser, il gagne facilement 10 heures pour terminer toutes les quêtes annexes. Le jeu s’adressant d’abord à un publique assez jeune, il n’est pas dur. En revanche, de nombreux objets et trésors (quêtes annexes) sont très très bien planqués.

Jouabilité : Aucun problème sous console, mais en émulation, prenez soin de configurer les diagonales (même s’il est possible de s’en passer, en appuyant sur 2 directions en même temps).

Note globale :  Un RPG à priori plutôt destiné aux enfants, mais qui saura aussi enchanter les plus grands en raison des différents challenges et de son humour parfois au second degré. Il ne s’agit pas d’un indispensable, en raison de la très forte concurrence qui règne sur Super Nes en matière de RPG, mais il a tous les atouts pour vous tenir en haleine et vous faire passer un très agréable moment. A condition bien entendu d’aimer Super Mario & Cie, vous allez vous amuser énormément à le diriger dans un monde en 3D et haut en couleurs. La variété de situations proposées est aussi un autre atout majeur.


Diddu >^_^<