Enchanteur, magnifique, ... les mots me manquent pour vous parler de Secret of Mana, tant ce jeu représente pour moi. Une révélation, un souvenir impérissable, une poésie vidéo-ludique. Secret of Mana, c’est tout cela à la fois !
Il faut dire qu’à sa sortie, c’était en novembre 1994 en France, les RPG n’étaient pas légions sur Super Nintendo, contrairement à ce qui se passait sur la 16-bits concurrente. Pourtant, le genre n’était pas sous-représenté sur sa grande sœur japonaise, loin de là, mais peu de ces fameux jeux de rôle arrivèrent jusqu’en occident, ou bien alors dans de mauvaises conditions. C’est pour toutes ces raisons – et bien d’autres encore ! – que Secret of Mana fut un jeu exceptionnel, inoubliable. Mais voyons tout cela dans le détail :

                         


En plein cœur d’un monde héroïc-fantasy, un jeune garçon s’amuse avec 2 amis près de son village. A la suite d’une petite bévue et d’une longue chute, il trouve une épée qui semble l’appeler. Jeune et inconscient, notre ami la retire de son socle et regagne discrètement sa chaumière. Mais l’événement n’est pas passé inaperçu, et des myriades de monstres grouillent maintenant aux alentours. Les villageois de nature plutôt farouche décident qu’il doit réparer sa bêtise, et le bannissent du hameau. C’est le début des ennuis pour lui, et d’une grande épopée pour vous ! Des rencontres étonnantes attendent notre héros, des esprits magiques aux elfes en passant par les nains et même le roi des champignons, l’immersion est complète.
Fort heureusement, vous ne serez pas seul dans ce vaste univers. Des personnages alliés vous prêteront parfois main forte (l’ami homme canon pour voyager, un camp de résistants, et même un chat usurier dont je tairai les odieuses pratiques !). Mieux encore, vous rencontrerez un jeune fille et un enfant elfe qui ne tarderont pas à devenir vos meilleurs amis. Ce trio ainsi formé est assez exceptionnel : Notre héros manie certes les armes avec grande classe, mais sa nouvelle amie peut en outre utiliser des magies à caractère plutôt défensif, et le jeune elfe use même de redoutables magies d’attaque. Là où Secret of Mana fait très fort, c’est en proposant de jouer à 3 simultanément ! Un RPG convivial, c’est assez jouissif !

Car Secret of Mana n’est pas un simple RPG, c’est un Aventure-RPG : les combats sont en temps réel (sur le même écran que les déplacements), et les parties à 3 sont donc endiablées !


Un moment fort du jeu : la traversée de Polaira

Le fameux bestiaire de la série : Liévro, agarics ...

                   
D’un point de vue technique, on peut dire que c’est une très grande réussite. Les graphismes sont très fouillés, et même si on trouve mieux à l’heure actuelle, force est de reconnaître qu’ils possèdent un charme très particulier. L’ambiance si particulière de Secret of Mana n’est donc pas un mythe. D’ailleurs, comment ne pas vous parler des musiques. On s’en rend peut-être un peu moins compte, mais cet élément est tout aussi essentiel que l’aspect visuel. Et bien justement, les compositions sonores de Secret of Mana sont sublimes. L’Original Sound Track est une vraie perle. Chaque musique est une œuvre accomplie, et colle tellement au lieu visité, ou à l’action entreprise, qu’on peut véritablement parler de prouesse à ce niveau.
En ce qui concerne la difficulté et la durée de vie, on ne notera pas d’obstacle majeur, si ce n’est au début, lorsque nos héros ne possèdent pas encore de magie. En revanche, on pourra reprocher à Secret of Mana d’être trop linéaire. Il existe certes quelques petites variantes possibles d’une partie à une autre, mais l’absence de quêtes annexes est très regrettable. Et on aimerait toujours qu’un si bon jeu ne s’arrête jamais ! Par contre, plusieurs secrets sont disséminés dans le jeu, et cela constitue une très bonne occasion de reprendre la manette !
La jouabilité enfin prête à controverse. En réalité, elle serait parfaite s’il n’existait pas un défaut de taille. Les personnages non joueurs (PNJ) ont une fâcheuse tendance à se coincer dans les éléments du décor. Cela ne plante pas le jeu, mais reste assez désagréable. En fait, après un petit temps d’adaptation, on s’y fait et on arrive à l’éviter. Mais c’est un peu dommage tout de même. En revanche, si vous jouez avec des amis, pas de problème, tout roule ! En ce qui concerne le reste de la prise en main du soft, on ne peut encore une fois que parler de franche réussite. La gestion des menus est novatrice et exemplaire. Elle repose sur un système d’anneaux à l’utilisation enfantine.


Le forgeron améliore vos armes. Un allié précieux.

Ondine, le 1er esprit magique, vous offre ses pouvoirs !


Et cela tombe bien, car Secret of Mana n’est pas le genre de jeu à vous obliger à passer 3 plombes dans les menus. Ici, c’est le jeu et lui seul qui compte. Ce qui ne signifie pas que ce titre soit pauvre en armes, magies et autres équipements. 8 armes élémentaires sont à trouver (épée, lance, arc, boomerang, hache, javelot, gant et fouet) et chacune d’elles possède 9 niveaux d’évolution. Pour ce faire, il faut trouver les sphères d’arme et les amener à notre ami forgeron, Vulk. Celui-ci se fera alors un plaisir d’up-grader votre équipement offensif, vous octroyant ainsi de nouvelles techniques de combat (par concentration des pouvoirs de l’arme en question). Coté magie, ce sont là encore 8 esprits à récupérer (Ondine pour l’eau, Athanor pour le feu, Gnome pour le terre, etc...) et qui offriront chacun 3 magies à la fille, et 3 autres à l’elfe. De plus, chaque magie possède elle aussi 9 niveaux d’évolution (amélioration par les graines Mana), enrichissant d’autant vos possibilités.
Enfin, coté transport, je vous ai déjà parlé de l’homme canon, mais sachez que vous posséderez aussi un superbe dragon qui vous emmènera partout. C’est l’occasion de s’extasier devant le magnifique mode 7 du jeu. Un régal pour la rétine.


Enfin, j’ai déjà effleuré le sujet, mais sachez que vous rencontrerez une formidable galerie de personnages. Ils ont chacun leur caractère bien trempé, et leurs propres motivations. De plus, et ce n’est tout de même pas si fréquent, Secret of Mana est un jeu qui communique des émotions. Il vous plonge dans l’aventure, et on reste sous le charme de ce jeu, du logo SquareSoft à l’allumage de la console jusqu’à l’écran de fin.

Héros Héroïne Elfe Flammy

Timothé Eliott Ancien de Poto Jean Lucie Frère Canon Chacha Tom Anna Guarde Chef des nains Vulk Sorcia Thanatos Armée Scorpio Boss Scorpio Méka Papy elfe Roi Truffe Horace Sergio Amiral Nelsie Rudolphe Père Noël Roi Omar Marie Lola Empereur Schwarzie Rambo Philo Socrate Jojo


Présentation : OndineOndineOndineOndineOndine Une mise en scène formidable, un écran titre de toute beauté. Secret of Mana est un jeu tout en finesse, où le scénario quoique linéaire, est un vrai plaisir à suivre.

Graphismes : GnomeGnomeGnomeGnome Charmants ! Très fins et colorés, ils sont pour beaucoup dans la fantastique ambiance qui se dégage de ce soft. Et leur simple vue réveille tant de souvenirs ...

Animation :Sylphide SylphideSylphide Exemplaire, même quand tout bouge à l'écran, aucun signe de ralentissement. Les effets spéciaux (magiques et techniques d'arme) sont tout aussi bien réalisés. Et les phases en mode 7 sont un vrai régal.

Bande Sonore : AthanorAthanorAthanorAthanorAthanorAthanor Si la perfection existe, c'est dans Secret of Mana. La musique ne se contente pas d'être sublime, elle transmet des émotions et colle parfaitement avec la scène. Le rendu "in game" est tout simplement fabuleux. Délectez vous de L'OST. C'est ce qu'on appelle une oeuvre d'art.

Durée de vie :LunaLunaLunaLuna Secret of Mana n'est pas un jeu difficile. Seuls quelques passages peuvent poser problème au début, en l'absence d'entrainement. On aurait peut-être même aimé quelques difficultés supplémentaires. Au moins, le jeu est accessible ! Le scénario est prenant et assez long, mais la linéarité nuit un peu à la durée de vie. On est néanmoins dans une bonne moyenne. Quelques secrets justifient une nouvelle partie, et de toute facon, ce jeu est tellement bon qu'on le recommence avec grand plaisir !

Jouabilité : Drayde Il n'y aurait rien eu à redire sans ce malencontrueux probleme de personnages non joueurs qui se bloquent dans les décors. Car pour le reste, de la gestion des combats en passant par les menus roulants, c'est encore une fois un sans faute !

La note : Ondine Gnome Sylphide Athanor Luna Drayde Secret of Mana est un jeu vidéo à l'intérêt fabuleux, d'autant plus qu'il propose la géniallisime idée de jouer à 3 simultanément ! L'un des titres les plus marquants de la Super Nintendo. Un soft à l'ambiance et au charme sans nul autre pareil. Un monstre sacré. Enchanteur, sublime, envoutant... Une oeuvre d'art, un jeu culte ! Comme le dirait Lock, il mérite sa place dans le Panthéon des jeux vidéo.

 

Un brin d'histoire

Secret of Mana appartient en réalité à une grande série de jeux d'Aventure-RPG, connue sous le nom japonais de Seiken Densetsu, ce qui signifie La légende (Densetsu) de l'épée (Ken) sacrée (Sei).
Le premier épisode est paru en 1991 sur Game Boy. Son nom américain fut Final Fantasy Adventure, en raison de la forte ressemblance de ses graphismes avec une autre série de jeux de rôle parue sur GB, les Final Fantasy Legend. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce jeu est aussi sorti en France, sous le nom de Mystic Quest. Vous vous souvenez peut-être de ce titre qui avait déjà fortement marqué les esprits. Il s'agit d'un très bon jeu, aujourd'hui encore. Si Lock m'y autorise, je vous ferais peut-être sa critique un jour !

Deuxième épisode, et déjà un petit problème de chronologie. Sorti en France en 1993, Mystic Quest Legend est un RPG Super Nintendo dont vous pouvez retrouver le test ici. Il ne s'agit en fait pas à proprement parler d'un Seiken Densetsu. Néanmois, ce jeu est fortement rattaché à Mystic Quest (Game Boy), notamment par son système d'alliés temporaires. Pourtant, il s'agit d'un vrai jeu de rôle, et non d'un A-RPG. Son nom américain est Final Fantasy Mystic Quest. Plutôt concu pour un public novice dans le domaine des RPG, il nous a fait l'honneur d'une sortie francaise, accompagné d'un gros guide de jeu détaillant pas à pas l'aventure. Un bon titre, quoiqu'un peu simple et pauvre graphiquement.
Le Voici enfin, le véritable Seiken Densetsu 2, notre cher Secret of Mana. Publié en 1994, il marque la décennie. Ce jeu a fait l'objet de toute l'attention de Nintendo France pour son arrivée sur notre territoire. Ainsi, les bugs des versions japonaises et américaines ont été corrigés, et le titre s'offre même le luxe d'un superbe packing avec un énorme guide de 72 pages. Un chef d'oeuvre, tout simplement.
L'année suivante, c'est secret of Evermore qui déboule chez nous. Un jeu par bien des aspects très proche de Secret of Mana, mais à l'ambiance assez radicalement différente. Le système de magie est très original, puisqu'il repose sur l'alchimie. Concrêtement, il faut collecter toute sortes d'ingrédients que l'on mélange ensuite pour lancer des magies. Le scénario nous propose un voyage dans le temps (Préhistoire, Antiquité, Moyen-âge et Futur) et ménage quelque bonnes surprises. Les dialogues ne manquent pas d'humour, avec de nombreuses références cinématographiques. Mais allez donc consulter son test ! Toutefois, et malgré les apparences, ce très bon jeu n'est pas la suite de Secret of Mana, mais seulement un jeu dérivé, un Gaiden comme disent les japonais.
La suite de Secret of Mana, il aura fallu attendre 1995 au Japon pour la voir arriver. Mais, et c'est là le hic, ce jeu n'est jamais ni en France, ni aux Etats-Unis. Connu donc uniquement sous le nom de Seiken Densetsu 3, il s'agit d'un nouvel exploit de Square Soft. Allez donc lire son test, cela vaut mieux que de longs discours. Le scénario ne poursuit pas celui de secret of Mana, mais en conserve d'un certain point de vue l'esprit. On retrouve de nombreux clins d'oeil et autres allusions à son frère aîné, mais le tout avec une réalisation rayonnante. 6 personnages menant 3 quêtes distinctes sont réunis pour notre plus grand bonheur. Le plus grand A-RPG de tous les temps !
Autres temps, autres moeurs, après de nombreuses péripéties sur Super Famicom, la série quitte Nintendo pour Sony et sa Playstation. Seiken Densetsu : Legend of Mana n'est certes pas Seiken Densetsu 4, mais en a l'allure. Pourtant, quelques changements notables sont intervenus. Graphiquement tout d'abord, on atteint des sommets. L'esprit Secret of Mana est bel et bien là, et chaque nouveau lieu émerveille. L'ambiance musicale est elle aussi très enthousiasmante. Mais le jeu souffre d'un défaut majeur, il ne possède pas de scénario ! Il s'agit d'une suite de quêtes, sans ligne directrice ni formidable épopée. La linéarité a donc disparu, mais pour laisser place à une certaine errance. Au final, il reste une impression mitigée.
Et enfin, tout nouveau tout beau, voici le dernier épisode en date de la série : Shinyaku Seiken Densetsu (qu'on pourrait traduire par Seiken Densetsu Résurrection). Ce sublime jeu est sorti fin aout 2003 au Japon sur Game Boy Advance et arrive bientôt sous le nom de sword of Mana ! Il s'agit d'une reprise du tout premier Seiken Densetsu (Mystic Quest pour nous donc), entièrement refait, pour notre plus grand bonheur. Les musiques sont tout droit tirées de Seiken Densetsu 1, le style graphique est celui de Seiken Densetsu 2 / 3, et le Character Design est celui de Seiken Densetsu : Legend of Mana. Cela ressemble fort au jeu ultime, n'est-ce pas ? La trame scénaristique reprend bien entendu celle de Mystic Quest, mais l'étoffe grandement. Reconnaissez vous le boss de Mystic Quest présenté plus haut ? ^^

Diddu >^_^<
alias Seiken Densetsu - man, fan devant l'éternel de Secret of Mana

" A un de ces jours ! "